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Changer de distrib : un comparo Debian / CentOS / openSUSE

Rédigé par mistervolt 4 commentaires

En recherchant il y a quelques mois une nouvelle distribution pour mon ordinateur professionnel, j'ai (re)découvert openSUSE. Quelques mois après, je vous propose ici mon retour d'expérience.

Pourquoi changer ?

Jusqu'à présent j'utilisais Debian, ma distribution de choix depuis 2012. J'en étais jusqu'à très content, j'ai passé plus de 2 excellentes années sous Wheezy, version grâce à laquelle j'ai appris et expérimenté énormément de choses, puis 1 an et demi sous Jessie. J'ai rencontré un peu plus de petits désagréments avec Jessie. Rien de grave mais je me suis moins éclaté qu'avec Wheezy.
Bref, depuis début 2016, la société dans laquelle je travaille utilise Fedora sur les postes clients. Avec plusieurs mois de retard, je me suis mis, j'ai d'ailleurs rédigé un billet là-dessus. Ce n'est pas un mauvais système mais 2 choses principalement m'ont déplu :

  • le cycle de release, trop rapide. Qui a dit "obsolescence programmée" ? ;)
  • le gestionnaire de paquet, dnf, que je n'apprécie pas, le trouvant trop pataud.

Je voulais donc autre chose, une distribution équilibrée, avec un cycle de release décent (annuel, pas moins) tout en disposant d'ensemble de paquets pas trop vieux et contenant tous les outils professionnels dont j'ai besoin.

Choisir et tester :

Avec ces considérations en tête, le tour a été relativement vite fait et j'ai établi un comparatif entre 3 distributions :

  • Debian (stable évidemment) ;
  • CentOS 7 ;
  • openSUSE Leap 42.2 (qui était alors à 2 semaines de sa sortie en stable).

J'ai monté 3 machines virtuelles, établi une grille de critères reprenant, entre autres ceux, énoncés ci-dessus et essayé ces 3 systèmes dans tous les sens, avec des configurations égales (autant que possible) et en essayant les mêmes paquets.

Le projet Debian fournit très clairement l'ensemble de paquets le plus complet et le plus cohérent (j'entends par là qu'ils sont tous dans un seul dépôt (jusqu'à 3 si on active contrib et non-free).
Les dépôts de base de CentOS m'ont paru plus "pauvres" mais contiennent la très grande majorité des outils nécessaires sur un poste de travail. La "fraîcheur" des versions est variable, mais à l'image d'une Debian stable dans l'ensemble. Un certain nombre d'outils plus spécifiques requièrent l'ajout du dépôt EPEL.
Je n'ai pas apprécié l'utilisation de yum que je trouve assez lent dans l'ensemble, surtout comparé à apt (apt-get) qui est tout de même très rapide.
Les dépôts d'openSUSE se répartissent en 4 catégories :
- les dépôts officiels, avec des branches libres et non-libres, équivalentes à main et non-free chez Debian ;
- les dépôts communautaires qui contiennent des paquets ne pouvant être incorporés dans les dépôts officiels, souvent pour des raisons de licences, par exemple le dépôt Packman qui contient les codecs nécessaires pour lire des vidéos (aux formats mp4, avi etc...) ;
- les dépôts "spécialisés" qui regroupent des paquets de même catégorie (applis pour environnement Gnome, applis pour graphisme, applis en console etc...) ;
- les dépôts "home", équivalents aux dépôts Copr de Fedora, qui hébergent les paquets créés par des particuliers.
Le dépôt officiel libre contient tous les logiciels dont j'aurai besoin donc pas besoin d'avoir recours aux autres, à l'exception de Packman.
Concernant ce dernier, il est amusant de constater que certains projets séparent les codecs "litigieux" (mp3, mp4 etc...) et d'autres non, c'est le cas de Debian par exemple.

Les installeurs

Un des aspects importants lorsqu’on installe un OS c’est... l’installeur pardi !
Installer successivement ces trois distributions fut l’occasion de comparer les installeurs et ils sont vraiment très différents !

L’installeur Debian est simple et direct (je l’utilise en mode texte mais le mode graphique est similaire et n’offre rien de plus). Il ne permet pas de paramétrer grand chose, juste l’essentiel. Et surtout il ne faut pas avoir à installer en comptant sur une connexion wifi. C’est un peu la croix et la bannière pour tenter de fournir un pilote de carte wifi via un supporte externe durant le processus d’installation.
Cela dit, il est rapide et en gros, ça s’installe en cliquant successivement sur la touche Entrée.

L’installeur de CentOS,, Anaconda, qui est le même que celui de Fedora, est pareil, basique, très axé serveur. Il propose plusieurs profils d’installation pour serveurs spécialisés ou pour stations de travail, ce qui est sympa pour fournir une base prête à l’emploi.
J’ai moins apprécié la partie partionnement que j’ai trouvé moyennement intuitive.

L’installeur d’openSUSE est de très loin le plus complet. C’est le plus long à se lancer mais il permet de tout configurer avant installation. On peut ainsi configurer finement la partie réseau, l’outil de partitionnement est très complet (c’est le même module qu’on retrouve par la suite dans Yast). Et chose très appréciable, il permet également de choisir chacun des paquets à installer. Pour l’exemple j’ai sélectionné une base «Bureau Gnome» puis j’ai ajouté tous les logiciels complémentaires que je veux et retiré ceux qui me sont inutiles. J’ai vraiment apprécié cette possibilité, ça évite d’installer des paquets pour les supprimer 5 minutes plus tard et de démarrer avec un système contenant tous les outils que l’on veut.

Sur chacune des machines virtuelles j’ai tenté de reproduire une configuration identique, à base de bureau Gnome et de tester avec quelle facilité je pouvais installer les logiciels que je voulais.
À ce jeu, Debian s’en sort le mieux au vu de la taille de sa logithèque, suivi d’openSUSE qui dispose de nombreux paquets et peut être facilement étendue via des dépôts communautaires. CentOS est assez loin derrière et tout n’était pas toujours disponible.

Ce qui m’amène à évoquer brièvement les gestionnaires de paquets.
Debian avec apt est le «flash» de l’équipe. Il se lance et exécute les actions très rapidement. Le rafraîchissement des sources est rapide également.
Yum de CentOS est à l’opposé, il est lent à se rafraîchir et parfois semble se bloquer plusieurs longues secondes à la fin d’une installation, avant de rendre la main.
Zypper dans Leap est relativement rapide, moins qu’apt, mais j’ai trouvé que c’était le plus lisible. La coloration syntaxique permet de bien se repérer dans les noms de paquets (la première lettre de chaque est en couleur) et les informations importantes relatives aux modifications apportées sont bien mises en avant.

Bon, faut se décider !

J’utilisais Debian depuis 4 ans et j’avais, il faut bien le dire, envie de changer et de découvrir (vraiment, pas juste le temps d’un test d’une heure en VM) une autre distribution. Les tests semblaient montrer qu’openSUSE pourrait répondre à mes besoins alors pourquoi pas.
J’avais déjà fait usage au travail d’openSUSE en 13.1 et 13.2. Je n’avais pas été 100% conquis alors mais les retours lus ici et là sur cette nouvelle mouture qu’est la Leap m’ont conforté dans ce choix, c’est donc parti pour l’installation en réel.

Here we go !

L’installation s’est très bien passée. Bien que je déplore l’existence de pilotes privateurs pour les cartes wi-fi (les seuls qui m’importent vraiment, n’étant pas un joueur assidu sur PC), force m’est de reconnaître qu’il est difficile de s’en passer et leur inclusion par défaut dans l’installeur d’openSUSE m’a facilité la vie.
Le gestionnaire de partitionnement est très complet et j’ai pu configurer très simplement mes volumes LVM chiffrés.
C’est lors du résumé des options d’installation que j’ai pu choisir plus finement mes paquets, en supprimant les paquets qui me sont inutiles (jeux, gnome-document, gnome-musique etc...) et ajouter ma sélection (notamment Terminator, CherryTree et Keepassx). Un dernier clic et c’est parti, l’installeur fait son boulot et lorsque je reviens 20 min plus tard, mon PC a redémarré et est prêt à l’emploi !

Et alors, c’est bien openSUSE ?

La Leap 42.2 est une distribution moderne et stable. Donc oui, c’est bien, ça fait son travail, ça s’allume le matin, s’éteint le soir et entre les deux je n’ai pas eu de problèmes.
En parlant de Gnome, je tiens à signaler l’excellente intégration de celui-ci. Historiquement openSUSE est considérée comme une distribution pro-KDE mais Gnome est parfaitement intégré et très bien fini. Le fait que la SLED (Suse Linux Entreprise Desktop) utilise Gnome (dans sa version Classique) comme bureau n’y est peut-être pas étranger.
J’ai notamment apprécié de trouver l’ensemble des outils visant à configurer le système directement intégrés aux Paramètres Gnome :

Yast, l’outil historique d’openSUSE permettant de configurer son système graphiquement, est intéressant. Je ne suis pas particulièrement pro « utilitaires monolithiques et graphiques de configuration » car ils ont tendance à masquer la réalité et ne permettent pas d’apprendre à bien éditer des fichiers de configuration, à avoir les bonnes pratiques dans ce cas (faire une copie avant édition...).
Néanmoins, sa présence n’oblige pas à l’utiliser d’une part et n’empêche pas du tout l’édition directe des fichiers de configurations d’autre part.
Ainsi un-e débutant-e pas encore à l’aise pourra quand même gérer aisément certains aspects de son système. Sur ce point, je trouve que le nombre de modules Yast inclus par défaut dans une installation de type « Desktop » un poil trop important. Qui a besoin de gérer des périphériques ISCSI ou des clients NIS sur son portable perso ?
Yast est en revanche très pratique lorsqu’on reprend l’administration de serveurs.

En conclusion, ce changement et ces tests m’ont permis de bien définir mes besoins et les logiciels y répondant, de comparer 3 distributions majeures et toutes très bonnes.
Si je prends autant de plaisir à utiliser openSUSE c’est surtout qu’elle sait se faire complètement oublier, me permettant ainsi de me consacrer à mon travail.

J'espère que ce petit tour d'horizon vous aura donné envie de tester l'une de ces trois distributions et notamment openSUSE, distribution de qualité mais moins connue en France. Des membres de la communauté openSUSE France en expliquent les raisons dans une interview accordée à Framasoft : OpenSUSE, une distribution méconnue.

Voir aussi : un autre billet rapide rédigé sur ce choix sur Alionet : Pourquoi j’ai fait le choix de Leap 42.2 pour mon travail

Pense-bête : petit ajustement pour utilisation d'un casque audio Bluetooth

Rédigé par mistervolt Aucun commentaire

J'ai reçu en cadeau un casque audio sans fil (bluetooth), accessoire fort pratique pour continuer à écouter sa musique quand on s'éloigne 5 min de son bureau.
J'ai eu quelque soucis mineurs pour l'utiliser et il a fallu que je procède à quelques réglages que je remets ici pour mémoire et en me disant que ça pourrait profiter à d'autres.

Installer le support bluetooth pour pulseaudio si nécessaire :

apt install pulseaudio-module-bluetooth

Après ça mon casque était reconnu et je pouvais y envoyer le son mais j'avais des coupures de son voire des déconnexions avec des messages comme ça dans /var/log/syslog :

Oct 20 14:27:44 machine bluetoothd[1641]: No cache for 04:FE:A1:00:09:07
Oct 20 14:27:45 machine bluetoothd[1641]: Device is already marked as connected

Pour résoudre ça, éditer le fichier /etc/pulse/default.pa et commenter la ligne :

load-module module-bluetooth-discover

Puis éditer le fichier /usr/bin/start-pulseaudio-x11 et après les lignes :

   if [ x”$SESSION_MANAGER” != x ] ; then
        /usr/bin/pactl load-module module-x11-xsmp “display=$DISPLAY session_manager=$SESSION_MANAGER” > /dev/null
    fi

ajouter ceci :

    /usr/bin/pactl load-module module-bluetooth-discover

Enfin dans le fichier /etc/bluetooth/main.conf, changer:

ControllerMode = dual

en :

ControllerMode = bredr

Après redémarrage plus de soucis de déconnexion et un son nickel.
Lors des démarrages suivants le casque est automatiquement détecté et connecté (s'il est allumé bien sûr) et le son y est correctement redirigé aussi.

Compiler la dernière version de GNU Emacs (25.1) sur Debian Stretch

Rédigé par mistervolt Aucun commentaire

Dans cet article, je vous présente rapidement comment compiler GNU Emacs (en dernière version) sur Debian Testing (avec interface GTK3).
Le tout ne devrait pas vous prendre plus de 10 min.

Tout d'abord on récupère l'archive :

wget http://ftp.igh.cnrs.fr/pub/gnu/emacs/emacs-25.1.tar.xz

On DL et on importe le trousseau des clés GPG GNU :

wget https://ftp.gnu.org/gnu/gnu-keyring.gpg
gpg --import gnu-keyring.gpg

Grâce à la clé, on vérifie notre archive :

gpg --verify emacs-25.1.tar.xz.sig emacs-25.1.tar.xz

Cette commande devrait vous renvoyer le résultat suivant :

gpg: Signature faite le sam. 17 sept. 2016 19:06:16 CEST
gpg:                avec la clef RSA 0x233587A47C207910
gpg: Bonne signature de « Nicolas Petton <petton.nicolas@gmail.com> » [inconnu]
gpg:                 alias « Nicolas Petton <nicolas@petton.fr> » [inconnu]
gpg: Attention : cette clef n'est pas certifiée avec une signature de confiance.
gpg:             Rien n'indique que la signature appartient à son propriétaire.
Empreinte de clef principale : 28D3 BED8 51FD F3AB 57FE  F93C 2335 87A4 7C20 7910

Notre archive étant vérifiée, on peut l'extraire :

tar xvf emacs-25.1.tar.xz

On entre dans le dossier :

cd emacs-25.1

En root on installe les dépendances de compilation (ça peut varier, chez moi il manquait les bibliothèques suivantes) :

apt-get install libgtk-3-dev libxpm-dev libjpeg-dev libgif-dev libtiff5-dev

On repasse en $USER normal puis on lance la commande de configuration pré-compilation.
Il est évidemment possible de passer des options à cette commande pour compiler Emacs sans certaines fonctionnalités (ex: --with-x=no pour ne pas activer le support graphique ou encore --prefix=/un/chemin pour que l'installation finale se fasse ailleurs que dans /usr/local/. Je vous laisser lire le fichier INSTALL pour plus d'informations) :

./configure
make

La compilation prend plusieurs minutes, une fois finie on teste notre binaire :

src/emacs -Q

Si c'est tout bon, on peut l'installer pour tout le système si on veut (commande à lancer en tant que root donc) :

make install

Et voilà, si vous avez conservé les options par défaut, GNU Emacs 25.1 devrait être installé dans /usr/local/bin et un lanceur a du apparaître dans le menu des applications de votre environnement de bureau.

Retour sous Debian

Rédigé par mistervolt Aucun commentaire

Après 3 semaines de test et d'utilisation d'OpenBSD, j'ai réinstallé Debian sur mon portable principal.

La raison ne vient pas réellement d'un problème avec OpenBSD mais plutôt de quelques petites choses qui m'ont gêné et qui ne correspondait pas exactement à mon usage.

Au rang des "défauts" (encore une fois relatif à mes attentes), j'ai noté :

  • une gestion des dépendances pas suffisamment fine à mon goût, ne me permettant pas d'avoir "juste" ce dont j'ai besoin ;
  • un soucis de lenteur lors de la copie sur des périphériques USB formatés en FAT32, que je n'ai pas réussi à corriger ;
  • quelques paquets que j'utilisais régulièrement non disponibles (moins grave).

En revanche, j'ai apprécié certains aspects sur lesquels cet OS surpasse Debian (que je considère pourtant être la distribution de référence pour les OS de type GNU/Linux) :

  • la documentation de qualité, bien écrite : ce n'est pas qu'un simple listing d'options, elle est aussi largement fournie en exemple, ce qui la rend utilisable !
  • la facilité d'installation : un installeur en mode texte, qui pose quelques questions et hop, en 10 min c'est installé ;
  • l'approche très directe de la configuration du système : pas de syntaxe de configuration inbaisable tordue, les configurations des services du système sont lisibles et rapidement compréhensibles, un excellent point si on reprend une configuration écrite par quelqu'un d'autre.

Toutes ces raisons font que je garde toutefois mon bon vieux petit X201 sous OpenBSD qui le prend bien en charge et sur lequel je n'ai pas noté de baisse de performance.
Cela me permettra de continuer à l'explorer et à me familiariser avec.

Ce passage a un autre système, lointain cousin des OS GNU/Linux, fut très intéressant, permettant d'une part d'apprendre à utiliser un nouveau système, d'expérimenter de nouvelles approches techniques pour répondre aux mêmes besoins et, d'autre part, d'avoir un regard et un recul différent sur l'état des distributions GNU/Linux et leurs défauts (filesystem !!).
Sur de nombreux points, la documentation principalement, OpenBSD est un exemple à suivre.

Ce n'est toutefois pas la fin de "l'aventure OpenBSD" puisque ce sera certainement mon choix d'OS (en complément ou en remplacement de Debian) lorsqu'il s'agira de passer au niveau supérieur en terme d'auto-hébergement.

Lancer une recherche sur le web directement en ligne de commande

Rédigé par sogal Aucun commentaire

Lorsque l'on passe son temps dans un émulateur de terminal, il arrive souvent que l'on souhaite effectuer une recherche sur le web, pour trouver de la documentation, une solution à un problème ou l'URL d'un fchier à télécharger. C'est ennuyeux et une perte de temps d'avoir à ouvrir son navigateur ou un nouvel onglet, d'accéder à la barre de recherche, de taper ce qu'on cherche, bref, d'avoir à quitter son terminal pour lancer une simple recherche.

Le logiciel surfraw est la solution idéale à cela ! Il s'utilise en ligne de commande et permet de lancer directement la recherche via l'un des nombreux moteurs de recherche inclus dans sa configuration.

Pour l'installer (sous Debian GNU/Linux) :

apt-get install surfraw
Et pour l'utiliser :
sr duckduckgo mes termes de recherche

surfraw va alors lancer la recherche dans le navigateur par défaut du système ou celui configuré dans votre profil (via la commande export BROWSER=/usr/bin/VOTRE_NAVIGATEUR_PREFERE). J'ai personnellement paramétré lynx de manière à avoir mes résultats de recherche directement dans mon terminal, ainsi pas de distraction, pas besoin de changer de fenêtre ou quoi que ce soit, c'est rapide, net et précis.

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