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Tester Gimp 2.9.5 avec Flatpak

Rédigé par mistervolt Aucun commentaire

Flatpak (anciennement xdg-app), tout comme AppImage, est une solution visant à simplifier et uniformiser l'installation d'applications sur différentes distributions GNU/Linux.
Le but est de fournir un espace cloisonné (sandbox) dans lequel s'exécute l'application, c'est une forme de virtualisation mais d'application uniquement et non d'un système complet.
Cela permet donc aux utilisateurs curieux de tester les dernières versions de leurs logiciels favoris sans avoir à les compiler, ni à se soucier des dépendances.

Installation de Flatpak :

Voyons comment installer ça :

Sous Debian (disponible à partir de Stretch, je n'ai pas testé) :

apt install flatpak

Sous Fedora (OS sur lequel j'ai testé) :

dnf install flatpak

Configuration :

Nous ajoutons ensuite les dépôts depuis lesquels nous allons par la suite installer le runtime (un environnement d'exécution virtualisé) :

wget https://sdk.gnome.org/keys/gnome-sdk.gpg                      
flatpak remote-add --gpg-import=gnome-sdk.gpg gnome https://sdk.gnome.org/repo/
flatpak remote-add --gpg-import=gnome-sdk.gpg gnome-apps https://sdk.gnome.org/repo-apps/

Puis installation de la plateforme, ici celle de Gnome 3.20 puisque c'est une application GTK que je souhaite installer.
J'en profite pour traduire (et résumer) 2 passages de la F.A.Q. qui rassureront ceux qui n'utilisent ni Gnome comme environnement de travail, ni Fedora comme OS :

Flatpak est-il lié à Gnome ?

Non. Bien que Flatpak ait été développé par des gens impliqués depuis longtemps dans la communauté Gnome, il n'est lié à aucun environnement de bureau. En réalité, il a été conçu avec pour objectif clair de permettre la construction d'applications utilisant n'importe quel base de bibliothèques ou langage de programmation souhaités par l'auteur.
Flatpak est-il lié à Fedora ?

Non. Les développeurs ont une expérience de Fedora [...] mais Flatpak a été développé de manière à faire abstraction de la distribution et à se déployer sur n'importe quel système GNU/Linux disponible. Nous avons pris contact et discuté avec des représentants d'autres distributions très tôt dans le projet.

Installer une application :

Assez de blabla, on installe Gimp !

flatpak install gnome org.gnome.Platform 3.20

Passons maintenant à ce qui nous intéresse vraiment : l'installation des applications !
Dans cet exemple, nous allons installer Gimp dans sa version de développement "Nightly" et donc ajouter le dépôt "Nightly graphics" et sa clé :

wget http://209.132.179.2/keys/nightly.gpg                         
flatpak remote-add --gpg-import=nightly.gpg nightly-graphics http://209.132.179.2/repo/

Pour voir ce que contient ce dépôt :

flatpak remote-ls nightly-graphics --app
net.scribus.ScribusDevel
org.darktable.DarktableDevel
org.gimp.GimpDevel
org.gimp.GimpDevelGtk3
org.inkscape.InkscapeDevel
org.mypaint.MypaintDevel
org.telegram.TelegramDesktopDevel

Il contient quelques applications qui intéresseront les graphistes !

Installons donc Gimp :

flatpak install nightly-graphics org.gimp.GimpDevel master

Et enfin, nous pouvons en profiter :

flatpak run org.gimp.GimpDevel

Pour les utilisateurs de Gnome (et possiblement d'autres DE mais je n'ai pas testé), l'application est même ajoutée au menu des applis. Je peux donc avoir simultanément ma version stable de Gimp (à droite) et celle de développement (à gauche) sans avoir recours à une VM ni un chroot "classique" !

Un essai de Fedora 24

Rédigé par mistervolt 3 commentaires

Le 21 juin dernier, le projet Fedora annonçait la sortie de la 24 ème version de sa distribution GNU/Linux.
Je me suis dit que ce serait l'occasion de l'essayer pour mon usage personnel.
Avant d'adopter Debian, j'ai, comme beaucoup d'utilisateurs débutants, testé bon nombre de distributions, des plus connues aux projets débutants, mais je n'avais jamais installé de Fedora. Avec le recul je me demande bien pourquoi et je ne trouve aucune raison.
Ou peut-être que si : j'avais en tête la fausse idée que Fedora était pleine de logiciels privateurs par défaut, un peu à la Linux Mint et distribuait des pilotes privateurs dès l'installation.
Voyons donc ce qu'en dit la FSF (Free Software Foundation) :

« Fedora a une politique claire sur ce qu'on peut inclure dans la distribution, et elle semble la suivre scrupuleusement. Elle exige que la plupart des logiciels et des polices soient disponibles sous une licence libre, mais fait une exception pour certains types de micrologiciels non libres. Le résultat malheureux de cette dernière décision est que Fedora ne respecte pas les recommandations pour une distribution système libre. »

L'analyse de la FSF correspond à la réalité, le projet n'inclus que du logiciel libre et fait une exception notable pour un certains nombres de firmwares sans lesquels le matériel de l'utilisateur ne pourrait fonctionner et pour lesquels il n'existe aucune alternative libre.

On est loin d'un idéal 100% Libre mais ça reste un compromis "correct" et qui correspond à la réalité des usages et de l'état du support matériel actuellement. C'est strictement équivalent à une Debian avec le dépôt non-free activé pour installer le pilote de sa carte wi-fi par exemple. Ils ne sont installés qu'en fonction du profil matériel de l'ordinateur cible et peuvent être désinstallés comme n'importe quel paquet.

Le projet est assez strict sur les licences, par exemple il ne fournit pas de logiciel permettant de lire ou d'encoder des fichiers au format mp3, du fait de la licence et des brevets de ce dernier, contrairement au projet Debian qui voit les choses autrement et fournit de tels logiciels.

Un autre argument que j'ai souvent entendu à l'encontre de Fedora est le lien du projet avec l'entreprise RedHat.
Même si ma préférence va à une distribution 100% communautaire comme Debian, je trouve ces débats politiques un peu idiots. D'un côté, nous voulons que les OS libres soient plus reconnus et puissants face à Microsoft et Apple, d'un autre côté quand des entreprises sortent du lot en utilisant et commercialisant du Libre, ça gueule.
L'entreprise qui m'emploie a fait le choix admirable de n'utiliser que des logiciels libres et/ou open-source. Si des entreprises comme RedHat et Suse n'existaient pas, certains outils que nous utilisons n'auraient pas vu le jour, car une communauté de développeurs n'auraient pas eu nécessairement les moyens ni le temps de les développer et nous aurions du nous tourner vers une alternative privatrice ou abandonner le projet.
Donc plutôt que de critiquer, soyons heureux que le libre puisque apporter des réponses utilisables en milieu professionnel, c'est également par cette voie qu'il gagnera des utilisateurs et sera reconnu.

Je me suis intéressé à Fedora depuis novembre 2015 puisque c'est le système d'exploitation qui a été choisi par l'entreprise pour laquelle je travaille. J'ai évidemment tenté de mettre Debian en avant pour des raisons purement techniques (principalement la facilité de compilation d'outils techniques que nous utilisons, fournis uniquement en tant que code source) mais bon, c'est pas moi qui décide...☹

Il a donc fallu en apprendre plus sur la distribution, son historique, sa politique, ses choix techniques, le gestionnaire de paquet et ses possibilités pour adapter le système à nos besoins et pouvoir créer une ISO personnalisée.

Et aussi me remettre à Gnome. C'est un bureau majeur auquel je ne m'étais jamais vraiment intéressé. Si ce n'est un essai de quelques semaines avec Wheezy et la version 3.4, encore assez lourde et pataude à cette époque. Fedora 24 embarque la version 3.20.

Après avoir passé près de 2 ans à n'utiliser que des logiciels et un environnement de bureau aussi minimalistes que possible, j'ai envie de voir un peu ce qui se fait de neuf en matière d'environnement de bureau.
Suite à mes récents tests avec OpenBSD je me suis rendu compte que depuis plusieurs mois je passais plus de temps à installer, configurer, bidouiller mon système qu'à l'utiliser véritablement à en faire quelque chose, comme trier ma tonne de photos en retard, finir de convertir mon audiothèque ou alimenter un peu le blog...
Je me suis donc fixé un objectif : installer Fedora 24 avec Gnome 3.20 sur mon ordinateur et garder cette configuration au moins jusqu'à la sortie de Fedora 25. Ne pas bricoler mon système au point de devoir le réinstaller pendant 6 mois serait un exploit... Vais-je tenir le coup ? Vous le saurez en continuant à me lire ☻

Petit comparo rapide avec Debian :

L'installeur de Fedora, dans sa version majeure appelée Workstation, se présente sous la forme d'une ISO Live qui s'installe très simplement en quelques clics mais n'offre aucun choix possible d'environnement de bureau là où Debian, dans son soucis d'universalité, pose beaucoup plus de questions et offre plus de choix.
Je préfère également l'outil de partionnement de l'installeur de Debian que je trouve plus simple à utiliser pour faire du partionnement avancé.
L'installation prend en moyenne 15 à 25 min en fonction du type de disque.
À l'issue il suffit de redémarrer pour être accueilli par un écran post-installation permettant de configurer le wi-fi, les comptes en lignes s'intégrant avec Gnome (own/NextCloud dans mon cas) et les options de confidentialités. Un petit tuto sur Gnome est également proposé par la suite.

Debian (Jessie) propose Gnome 3.14 contre la version 3.20 pour Fedora. Il y a de grosses différences entre les deux, notamment au niveau du Shell : le centre de notification n'est plus en bas mais intégré au calendrier, la police par défaut, Cantarell, a été revue et affinée ce qui rend l'ensemble plus harmonieux et bien plus lisible. C'est comparable en terme de réactivité bien que la version 3.20 semble utiliser un peu moins de ressources.

Fedora utilise le gestionnaire de paquet dnf qui a pris la suite de yum à la sortie de la Fedora 22. L'utilisation en ligne de commande est assez simple et directe, il suffit d'invoquer dnf suivi de l'action à réaliser (install, search, remove ...) et, selon le cas, d'un ou plusieurs nom(s) de paquet(s).
Contrairement à Debian, il n'y a qu'une commande (dnf), y compris pour les opérations sur le cache des paquets (search, info), là où Debian utilise encore différentes commandes (apt-get, apt-cache). L'introduction de l'outil unique apt devrait unifier un peu tout ça et c'est pour le mieux.
Une fonctionnalité intéressante de dnf est la commande "history" qui permet de "revenir dans le temps", voir ce qui a été fait et l'annuler si nécessaire.
Le point qui me gonfle un peu pour l'instant, c'est les caches séparés : un pour l'utilisateur, un pour le système.

En terme de finition c'est très différent également. Debian fournit plus une base que l'utilisateur devra finir de configurer et peaufiner, même si ça reste évidemment complétement utilisable.
À l'usage j'ai l'impression que le but de Fedora Workstation est d'offrir une solution un peu moins flexible mais plus raffinée et utilisable immédiatement, telle quelle sans avoir besoin d'y toucher.

J'ai été surpris niveau performance : elles sont meilleures avec Fedora qu'avec Debian. Je m'attendais à l'inverse très clairement.
Sous Debian j'avais notamment un soucis agançant : lorsque des partages NFS étaient montés, que ce soit via autofs, systemd ou directement en CLI ou fstab, il arrivait, aléatoirement, que l'arrêt du PC soit terriblement long. Bien évidemment j'avais réglé différentes options de timeout, sans succès. N'ayant pas ce problème avec Fedora qui s'éteint en 3 sec, partages montés ou pas, je vais regarder comment c'est configuré et reporter ça sous Debian.

Voilà, c'était le premier billet d'une série sur ma découverte approfondie d'un autre système que Debian. Ce sera l'occasion également de découvrir de nouveaux outils, alternatives à mes traditionnels logiciels en ligne de commande ou mode texte et de partager des astuces intéressantes.

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